TANNÉE

 

  1. Vieux tan qui a déjà servi à préparer des peaux,
    et que les jardiniers emploient à faire des couches et à couvrir des plates-bandes.

     

  2. (Populaire) Série de coups violents portés à une personne ou un animal

  3. (Figuré) (Populaire) Défaite sévère ou humiliante.
     

  4. À Le Roeulx. Espace situé entre la rue Renardise et l'église, le long de la chaussée de Mons.
    Anciennement le "Wel Herlem" (le wel est une grande mare qui sert d'abreuvoir) ; il s'agit probablement d'une retenue d'eau pour la tannerie autrefois avoisinnante. 
    Après l'aménagement de la chaussée (1842) et la construction de la nouvelle église, il resta quelques jardins isolés. On en fit cette petite place rappelant le souvenir des tanneries existant déjà au XVe siècle et qui étaient longées par la "Ruelle des Tanneurs" ou des "Tanneries". 
    Cette ruelle reliait le côté sud de l'église à la rue Renardeau, en longeant le Rieu de la ville. Elle prit le nom de "ruelle de dessous lattre". L'âtre étant l'ancienne appellation du cimetière autour de l'église. Avant qu'on ne la supprime, elle était devenue la "ruelle dessous lalle". On y trouvait la maison d'Herlem.
    Cette maison dont l'appellation nous est restée mystérieuse est situées dans un coin du Roeulx qui changea complètement d'aspect après l'achèvement de la chaussée de Mons en 1842. Tout le terrain atour de la cure jusqu'au mur de la ville et de la rue Renardeau (rue de la Renardise) à l'actuelle place de la chapelle appartenait à Philippe de Brimeu, prévôt de Nivelles, si l'on excepte une petite maison à chaque extrémité. Il fut vendu en 1493 à l'abbé de Saint-Feuillien, puis fut divisé en plusieurs lots, dont la maison d'Herlem elle-même, la grande propriété qui deviendra la maison des Goegnies, incluse en grande partie dans le parc actuel et le jardin de Notre-Dame de la Tour. 
    Située le long du rieu de la ville, la maison d'Herlem apparaît déjà dans les actes vers la moitié du XVIe siècle. Elle appartenait en 1600 à Lambert de Houtain, mayeur de la ville qui la louait à Laurent Roland, "clercq et eschôlatre" de la ville; celui-ci enseignant vingt enfants pauvres et l'acheta par la suite. µA sa mort, son fils Charles Roland, prêtre à Saint-Anne de Douai, en hérita mais, le 20 septembre 1636, il la céda à son beau-frère Guillaume Desmoullins car "la maison menassait de thomber en ruyne adcause de la caducité des bâtiments". 
    Appartenant plus tard au bailli Cuvelier, elle fut achetée et habitée par Charles-Philippe Fontaine, greffier du Roeulx et d'Havré ; et ses petits-fils la vendirent le 6 août 1801 à Jean-François Coppée, qui fut le premier maître-tanneur que nous connaissions. Il la revendit, dès 1808, aux trois frères Drions, tanneurs de Ville-sur-Haine, puis la maison passa aux Minne, Jean-Baptiste puis sont fils Charles-Norbert, tous deux tanneurs égalements. 
    La tannerie proprement dite était une pièce de 60ca. qui contenait quatres cuves, deux en briques et deux en bois, se faisant face l'une l'autre.
    On se souvient aussi en ces lieux du jardin de la chapelle Notre-Dame de la Tour, qui autrefois contenait environ six journels et s'étendait entre la ruelle des Tanneurs et le rempart. Il appartenait à la chapelle adossée au coeur de l'ancienne église ; elle avait son propre chapelain qui percevait les revenus du jardin. À la révolution, ce bien fut transféré aux Hospices.

     

(source : Charles Friart, Le Roeulx - Toponymie - Histoire Locale, 1991)